Pourquoi je ne veux plus sortir de chez moi ?

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j'ai peur de sortir de chez moi.

Souvent, les gens pensent qu’ils sont uniques. Vous les prenez un par et tous vont vous raconter leur vie si vous vous intéressez à eux. Ils se croient intéressants… Et ils ont raison. Chaque être porte en lui une lumière qui scintille avec plus ou moins d’intensité. Mais peu importe, la lumière est là. Mais voila, les gens pensent que la cruauté ne passe pas à travers eux, qu’ils sortent du bois comme des agneaux livrés en pâture aux loups affamés. Seulement, la question se pose, dites moi qui d’entre vous sait ce qu’il adviendra de lui, une fois dévoré. Qui ? Il est si facile de trembler devant la meute que de penser à avoir du courage face à ses propres opinions sur le monde réel.

Le monde n’est qu’une alchimie posé sur un coin de table, il est là, stable en adéquation avec la table, ses pieds, la salle et ce que l’on pense de lui. Peu importe la vision, il “est” parce qu’il est su.

Dès lors, le regard crée l’existence, “je suis car je suis vu” est le socle de ce qu’on appelle le peuple, la populace, les gens…

C’est pour cela que la plupart des gens qui souhaiteront vous “aider” à retrouver un peu de joie, vous diront de sortir de chez vous, de rencontrer d’autres personnes… Car leur porte de sortie est la rencontre, le bain de foule, la confrontation au réel, loin de toute solitude. “Sors et fais toi aimer” est le leitmotiv. Comme si les gens étaient la solution, alors que, vous le savez bien, c’est eux-même qui vous ont cloitré chez vous. C’est pour être loin d’eux que vous ne sortez pas. Le tout est d’en prendre conscience.

Seulement, il est difficile de s’affranchir des dogmes, des habitudes, des mœurs ancrés dans notre mémoire. Certains peuvent penser que si ils ne se mélangent pas, c’est parce qu’ils n’en valent pas la peine…

C’est faire preuve d’intoxication à l’endoctrinement. Vous êtes endoctriné tout simplement. Si vous êtes nul comme vous le pensez c’est que vous vous êtes comparé à l’autre. Pas parce que vous l’êtes vraiment. La peur du jugement d’autrui peut prendre une place envahissante, étouffante.

Seulement voila, il faut être gentil, aimer les autres, être positif, car c’est l’image que vous souhaitez que l’on voit de vous. Et comme vous n’y arrivez pas, vous vous punissez et vous préférez vous enfermer plutôt que de vous assumer. La peur de l’autre est accouché par le même ressort : je suis plus faible. Encore de la comparaison.

Soyez vous-même, si vous n’avez pas envie de sortir, ne sortez pas pour rencontrer les gens. Sortez uniquement parce que c’est vital de prendre l’air, de sentir le vent effleurer les joues, de voir les arbres onduler au gré des bouffés d’oxygène. Sortez car vous êtes une fleur flétrie, que l’on a placé dans une cave et qui a besoin de soleil.

Ne vous sentez pas en convalescence, ne vous voyez pas comme un(e) malade. Parce qu’on hésitera pas à vous comparer à cela : une personne en dépression. Si vous savez que vous êtes en dépression et que vous ne savez pas comment vous en sortir, allez voir un thérapeute tout simplement. Ne perdez pas de temps à vous expliquer avec votre entourage, agissez. L’action est le seul remède quand on a plus d’espoir.

Car ce qui vous rend encore plus dépressif, c’est quand on vous renvoie votre faiblesse. Car oui, dépression est égale à faiblesse pour le commun des mortels. Alors que c’est une très grande preuve d’intelligence que de ne pas se sentir à sa place dans ce monde parfois brutal.

Ne dit-on pas : “être un imbécile heureux” ?

Se poser des questions sur soi, se tordre, se lamenter, est un processus de guérison naturelle. Je dirais même logique.

Tout ça pour vous dire que vous n’êtes en compétition avec personne. Que si vous avez décidé de vivre une retraite loin du monde, soit ! Il tournera sans vous, ce monde… Mais, intégrez tout de même (si vous le pouvez) une petite question à l’intérieur de votre marasme : Quel est le meilleur moyen pour moi d’évoluer ? Pas de me satisfaire, je dis bien d’évoluer.

A mes 19 ans, j’ai passé environ 1 an à ne pas sortir du tout. Le simple fait de penser à sortir dans la cage d’escalier me faisait paniquer. J’avais des choses à régler avec moi-même et j’étais encore trop jeune pour comprendre ce qui m’arrivait.
Alors bien sûr, pour mon entourage, j’avais un problème, même si j’arrivais à jouer avec ça en faisant passer mon mal-être pour de la flemme… Par réflexe, je me suis alors plongé dans les livres, j’ai écouté de la musique classique tous les jours. C’était la meilleure façon pour moi de me connecter à ce qu’il y avait de sûr, de rassurant et sans équivoque : le passé. Je voulais que ce temps de solitude m’apporte quelque chose. Il serait profitable pour vous, je pense, que de garder cela à l’esprit.

20 ans ont passé depuis mes 20 ans et je digère à peine ce que j’ai vécu alors. Mais si c’était à refaire, je le referais, car cela a été fondateur. Je suis la personne que je suis de par mon parcours, ma vision très indépendante. Et qu’importe ce que l’on pense de moi. Je me suis appris et personne ne me connait mieux que moi. Vous comprenez ce que je veux vous dire ?

La solitude permet parfois à l’esprit de se régénérer, de digérer ce qu’il a vu, entendu, ou subit… Quand on ne trouve pas sa place sur terre, que l’on doute de ses propres capacités, il faut toujours avoir à l’esprit que vous êtes sur terre pour évoluer. Certains y arrivent, d’autres pas… Mais une chose est sûre je crois, c’est que si vous vous posez la question et que vous souffrez de ne pas savoir quelle est votre mission sur terre, c’est qu’elle n’est pas loin de se révéler à vous, tôt ou tard. Etre pressé d’être heureux, ne fait pas venir le bonheur plus vite…

Pour finir, je garde en mémoire, cette histoire d’un maitre sur son lit de mort. Celui-ci demanda à son disciple préféré de venir le rejoindre car il était temps qu’il lui livre ses secrets pour prendre sa suite. Le vieux maitre demanda à son élève de rapprocher son oreille et dans un dernier souffle lui livra ses 3 secrets.

  1. La patience
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Pourquoi je ne veux plus sortir de chez moi ?
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